GALERIE CHANTAL CROUSEL: Fabrice Gygi - 12 Sept 2009 to 24 Oct 2009

Current Exhibition


12 Sept 2009 to 24 Oct 2009
Open from Tuesday to Saturday
11h-13h / 14h-19h
GALERIE CHANTAL CROUSEL
10 rue Charlot
75003
Paris
France
Europe
p: +33 1 42 77 38 87
m:
f: +33 1 42 77 59 00
w: www.crousel.com











Fabrice Gygi
Exhibition view, 2009 GALERIE CHANTAL CROUSEL
Photo credit: Florian Kleinefenn
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Galerie Chantal Crousel

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Artists in this exhibition: Fabrice Gygi


English below

Fabrice Gygi
12 septembre - 24 octobre 2009


En réserve

Les oeuvres de Fabrice Gygi n’obéissent pas à un régime performatif et ne sont pas destinées à des applications fonctionnelles : et pourtant, et comme signes et comme objets techniques, elles entretiennent de fortes relations d’implication à l’action et à l’utilisation. Les travaux exposés dans cette exposition pourront ainsi être rattachés à trois classes : les bijoux, les machines (Fliessband et Star System) et les signaux (Strap-paints). En tant qu’éléments relevant de ces trois classes, les relations – singulières – que ces oeuvres entretiennent à l’activité et à la fonctionnalité s’opèrent selon un mode soustractif, dans une manière de mettre (action et fonction) en réserve. Les objets, dans un sens auquel il faut accorder sa pleine littéralité, sont «exposés » : les machines ne marcheront pas ; les bijoux ne seront pas portés et les signaux resteront alignés au mur : ce qui les classe en tant qu’oeuvres, accordant le primat au visible, les déclasse donc en tant que choses usuelles.

Mais on ne saurait se contenter de ce lieu commun – objets d’arts inactifs, animés par le seul regard –, car avec ce déclassement se réalise pleinement la mise en fonction et la mise en action des objets conçus par Fabrice Gygi selon un mode potentiel. Si Fliessband et Star System, machines qui comportent des tapis roulants et des lames tranchantes en étoiles montées sur des axes rotatifs – et dont les fragments peuvent être assemblés, séparés ou réunis, montés ou démontés – ne disposent pas de fonction matérielle réelle, on devra surtout souligner qu’elles n’ont pas à en avoir une, précisément. Leur puissance virtuelle, qui ne s’inscrit dans aucune limite tangible, est liée à leurs utilisations et à leurs configurations potentielles. Il en va de même pour les Strap-paints, dont la facture renvoie autant à la rigueur des réalisations conceptuelles qu’au panneau signalétique générique, ou des bijoux, dont les formes semblent vouloir contraindre certains corps mais aussi pouvoir en meurtrir d’autres.

La mise en action de ces objets, dans sa mise en réserve, est à l’origine de cet étrange état de latence et de tension qui les caractérise, et leur permet d’échanger leurs propriétés pour finalement rejouer les classes qui les contraignent. Les machines Fliessband et Star System adressent certainement un signal terrifiant (acheminement, broyage et découpage des matières ou des corps), mais elles se présentent aussi, silencieuses, comme un joyau rutilant. Les bijoux sont des signes aux lignes singulières dont les formes renvoient à celles d’objets techniques étrangement façonnés (des sortes de dés à coudre, de poinçons et de poings américains…). Aux rails en aluminium qui dessinent le signal des Strap-paints on pourrait accrocher ou arrimer des êtres et des choses : ils tracent aussi en trois droites parallèles les marques d’un blason se détachant sur fond rouge…

En cela, si tous les objets conçus par l’artiste font signe et s’adressent au spectateur en combinant, selon, les qualités du technique et du symbolique (voire de l’allégorique), de l’artisanal et de l’industriel, du concret et de l’abstrait, du fétiche et du trivial… dans le suspens de leur activation et dans la potentialisation de leurs fonctions, ils libèrent des affects de séduction et de menace, qui viennent finalement semer le trouble dans les catégories morales de l’ordre et du désordre. Sans ambiguïté, dans l’ambivalence.

Christophe Kihm



Fabrice Gygi
September 12 - October 24, 2009


In reserve

Fabrice Gygi’s works do not comply with a performative scheme and are not destined for functional application. However, as both signs and technical objects, they maintain strong relations to implications of action and use. The works presented in this exhibition can thus be related to three categories: jewels, machines (Fliessband and Star System) and signs (Strap-paints). As elements of these three categories, the singular relation these works maintain to activity and functionality are facilitated by a subtractive method, by way of putting (action and function) in reserve. Objects, in the sense to which its full literality should be attached, are “exhibited”: the machines will not work, the jewels will not be worn and the signs will remain lined up on the wall: what classifies them as works of art by giving primacy to the visual, declassifies them as everyday things.

However, one cannot gratify oneself with this commonplace – inactive art objects, animated solely by the eye of the beholder – since it is through this declassification that the objects Fabrice Gygi has devised fully achieve their function and are put into action in a potential mode. If Fliessband and Star System, machines consisting of conveyor belts and radial cutting blades mounted on rotating axes – whose fragments can be assembled, separated or combined, mounted or dismantled – do not have a real material function, it should be emphasised that they need not have one. Their virtual power, which does not fall within any tangible boundary, is related to their uses and their potential configurations. The same applies for Strap-paints whose rendering refers as much to the rigour of conceptual creations as to a generic signboard, and for the jewels whose shapes seem to want to constrain certain bodies but also seem able to bruise others.

The putting into action of these objects, by setting them in reserve, is at the origin of this strange state of latency and tension which distinguishes them and allows them to exchange their properties so that ultimately they might reenter into play with the categories which constrain them. The Fliessband and Star System machines certainly address a terrifying signal (carriage, grinding and cutting up of materials or bodies), but they also stand silently like bright, sparkling gems. The jewels are symbols with singular lines whose shapes refer to those of strangely fashioned technical objects (kinds of thimbles, awls and knuckle-dusters…). At the aluminium rails which draw the Strap-paints’ signal one could hang or stow beings and things: they also trace in three parallel lines the marks of a blazon standing out against a red background…

If all the objects conceived by the artist beckon and address the visitor by combining the qualities of the technical and the symbolic (even allegorical), the hand-crafted and the industrial, the concrete and the abstract, the fetish and the trivial… in suspense of their activation and the potential of their functions, they liberate affects of seduction and threat which sow confusion in the moral categories of order and disorder. Without ambiguity, in ambivalence.

Christophe Kihm