GALERIE CHANTAL CROUSEL: Claire Fontaine - Feux de détresse - 20 Dec 2008 to 14 Feb 2009

Current Exhibition


20 Dec 2008 to 14 Feb 2009
Open from Tuesday to Saturday
11h-13h / 14h-19h
GALERIE CHANTAL CROUSEL
10 rue Charlot
75003
Paris
France
Europe
p: +33 1 42 77 38 87
m:
f: +33 1 42 77 59 00
w: www.crousel.com











Claire Fontaine, PLEASE COME BACK (K.Font), 2008. 300x200x14000 cm.
White florescent tubes, steel mounted on scaffolding frame, movement detector
Courtesy of the artist & Galerie Chantal Crousel. Photo: Florian Keinefenn
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Galerie Chantal Crousel

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Artists in this exhibition: Claire Fontaine


Claire Fontaine
Feux de détresse

December 20, 2008 – January 31, 2009
Hazard Lights


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meditation on the world of work as a space of reclusion

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hypothesis formulated through objects and signs that prison has gone outside of its walls

=

partial exploration of work as the inside of prison and of prison as the outside of work. Work as the reverse of the prison/ productive machine and the prison/ punishing machine as a consequence of the refusal of the logic of remunerated labour and of the economical logic in general.

Incomplete inventory of the works presented

PLEASE GOD MAKE TOMORROW BETTER, flashing neon sign that quotes an anonymous and generic statement of political impotency

 Untitled, tennis ball sculpture that refers to the habit of relatives of prisoners to throw objects that wouldn’t go through the security control, by hiding them inside tennis balls and launching them over the prison walls.

 PLEASE COME BACK, K font sign. The K font is made from fluorescent strip lights normally used to light up disciplinary places such as schools, factories, hospitals, etc. This system of assemblage represents the cheapest and most accessible way to fabricate a large luminous sign. This sign reacts to the movement of the bodies in the space and its meaning can be interpreted in different ways, from the parody of the message addressed to a consumer that is leaving a shop to the melancholic impression left by the irreparable loss of a state of grace or of the beloved being.

 IL FAUT TRAVAILLER PLUS POUR PENSER MOINS, the tricolour French flag is embroidered with an anonymous inscription originally made with a marker pen on an advertising panel in the Paris subway.


 J’AI DÉSAPPRIS LA NUIT is a white flag with an embroidered quotation taken from Jean Marc Rouillan’s book Je hais les matins. Rouillan was recently sent back to prison after giving an interview to L’Express magazine published during October 2008 where commenting on the murder of Georges Besse, he affirmed: « the fact that I don’t
express myself about it is not an answer. Because it is clear that if I spat on everything that we have done, then I could express myself. But by this obligation to silence, they stop us also making a critical point on our experience. » His elliptic declaration was judged by the court as a transgression of the silence that was imposed upon him during his provisional freedom.

 Untitled S.A.D. (Seasonal Adjustment Disorder) a work composed of anti-depressives lamps whose light has a frequency of optimal spring daylight that stimulates the brain to produce more melatonin during the cold and sombre months.

 Untitled, a moulded latex arm used for fist-fucking ornate with a Rolex watch is a portrait of the mutilated life that we all live in the regime of contemporary capitalism. This sculptural gesture, close to the formal vocabulary of Bruce Nauman, is also a quotation of the use of the mould in the history of sculpture.

 Untitled, (Mugs) ready-made inspired by the crawling micro-fascism in offices and in the workspace.

 Optic, two water fountains normally used in offices, filled with vodka and whisky evoke the necessity of entering a state of altered consciousness when one is attending tasks that are hierarchically imposed. Every interpretation of the artworks quoted in this text remains subjective; the artist is in no way owner of the meaning of her work. For the exhibition Feux de détresse we wish to suspend the ritual of the press release in order to communicate our intentions in the most basic way possible without coating them with supplementary information. Thank you for your understanding.

Claire Fontaine, December 2008






Claire Fontaine
Feux de détresse

20 décembre, 2008 – 31 janvier 2009
Feux de détresse


=

méditation sur le monde du travail comme espace d’enfermement

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hypothèse formulée par des objets et des signes que la prison est sortie de ses murs

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exploration partielle du travail comme dedans de la prison et de la prison comme dehors du travail. Le travail comme revers de la prison/machine productive et la prison/machine punitive comme conséquence du refus de la logique salariale et économique au sens large.

Inventaire non exhaustif des pièces présentées

 PLEASE GOD MAKE TOMORROW BETTER, enseigne lumineuse clignotante qui reprend un aveu d’impuissance politique générique et anonyme.

 Sans titre, balles de tennis, sculpture qui se réfère à la pratique des proches de prisonniers d’envoyer des objets, qui ne passeraient pas le contrôle des gardiens, en les lançant à l’intérieur de balles de tennis au-dessus des murs d’enceinte de la prison.

 PLEASE COME BACK, enseigne en police de caractère K, faite de tubes de néons fluorescents normalement utilisés pour éclairer des lieux disciplinaires comme les écoles, les usines, les hôpitaux, etc. Ce système d’assemblage représente la manière la plus économique et accessible de se fabriquer une enseigne lumineuse. L’enseigne réagit au mouvement des corps dans l’espace et son sens peut être interprété de différentes manières, de la parodie du message adressé au consommateur qui quitte un magasin au sentiment mélancolique de perte irréparable d’un moment de grâce ou de l’être aimé.

 IL FAUT TRAVAILLER PLUS POUR PENSER MOINS, le drapeau tricolore français est brodé d’une inscription anonyme originairement faite au feutre sur une affiche publicitaire dans le métro de Paris.

 J’AI DÉSAPPRIS LA NUIT, est un drapeau blanc où est brodée une citation tirée de Je hais les matins de Jean-Marc Rouillan. Jean-Marc Rouillan récemment re-emprisonné suite à l’interview donnée à l’Express publiée en octobre 2008 où il affirmait notamment à propos du meurtre de Georges Besse : « le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique. » Sa déclaration elliptique a valu aux yeux de la justice comme une transgression du silence qui lui était imposé pendant la semiliberté.

 Untitled S.A.D. (Seasonal Adjustment Disorder) installation composée de lampes anti-dépressives dont la fréquence de la lumière permet au cerveau d’accroître sa production de mélatonine pendant les saisons froides et sombres.

 Sans titre, ce bras en latex utilisé couramment dans les pratiques de fist-fucking orné d’une montre Rolex est un portrait de la vie mutilée que nous vivons tous dans le régime capitaliste actuel. Ce geste plastique, proche du vocabulaire formel de Bruce Nauman, est aussi une mise en abîme de la sculpture par moulage.

 Sans titre,(Mugs) ready-made inspiré par le micro-fascisme rampant dans les bureaux et les lieux de travail.

 Optic, deux fontaines à eau normalement utilisées dans les bureaux, remplies de vodka et de whisky qui eloquent la nécessité de rentrer dans un état de conscience altérée lorsqu’on vaque aux tâches qui nous sont imposées de manière hiérarchique.

Toute interprétation des oeuvres citées ci-dessus reste subjective, les artistes ne sont aucunement propriétaires du sens de leur travail. À l’occasion de l’exposition Feux de détresse nous souhaitons suspendre le rituel des communiqués de presse pour transmettre nos intentions de la manière la plus basique possible sans les enrober d’informations supplémentaires. Merci de votre compréhension.

Claire Fontaine, décembre 2008